Lectures estivales et spaghetti de courgettes

Depuis le printemps, il y a eu une avalanche de publications de livres végans en français. Un vrai bonheur qui m’a fait me dire plusieurs fois « il me faudrait des vacances pour faire toutes les recettes qui me font envie là-dedans ! ». Eh bien voilà, c’est les vacances pour moi et je profite avec bonheur de ces lectures et des recettes magnifiques qu’elles recèlent. Je reparlerai probablement bientôt de plusieurs de ces livres, mais voici déjà quelques mots sur chacun… suivis d’une recette.

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Du haut en bas de la photo :
–       Laurence Alemanno, Chocolat cru, Paris : La Plage, 2014.
J’en parle plus longuement ci-dessous…
–       Bryant Terry, Afro-Vegan. Farm-fresh, African, Caribbean & Southern Flavors Remixed, Berkeley : Ten Speed Press, 2014.
L’exception anglophone dans cette liste : plein de recettes simples et magnifiques. Et un positionnement politique qui articule le véganisme aux rapports sociaux de race et de classe, yeah!
–       Merida Anderson, La cuisine vegan de Mérida. Menus élégants et audacieux d’une cuisine rebelle, Lausanne : L’Âge d’Homme, 2014 [2012].
Traduction d’un livre publié en anglais canadien en 2012, ce livre de cuisine fait la part belle aux couleurs et aux présentations chics, sur la base de mélanges d’épices et de légumes de saison. Il y a notamment 5 recettes de ravioles et autres pâtes fraîches qui me font encore plus saliver que le reste…
–       Laura Veganpower & Sébastien Kardinal, Certains l’aiment cru, Lausanne : L’Âge d’Homme, 2014.
De la cuisine crue en version grands chefs. Beau, alléchant et inventif, rien d’étonnant de la part des auteur-e-s du blog vg zone!
–       Nicole Just, La veganista. Le plaisir de la cuisine vegan. 100 recettes savoureuses du petit déjeuner au souper, Lausanne : L’Âge d’Homme, 2013.
La traduction d’un livre paru en allemand la même année (oui ça ne date pas de ce printemps, mais c’est à cette période que je l’ai découvert..). Plein de recettes qui fleurent bon la cuisine traditionnelle allemande. Et ça n’est pas de l’ironie : si vous ne connaissez pas encore cette cuisine, c’est le moment de la découvrir !
–       Christophe Berg, Le grand livre de la cuisine crue, Paris : La Plage, 2014.
Un livre plein d’infos sur la cuisine crue : pourquoi et comment s’y prendre, avec de nombreuses recettes de base. Je n’ai pas encore eu l’occasion de m’y plonger très longtemps, mais il me semble que le déshydrateur que j’ai en prêt chez moi sera plus mis à contribution quand ce sera chose faite…
–       Marie Laforêt, Vegan, Paris : La Plage, 2014.
Un ouvrage magnifique de l’auteure du blog 100% végétal, tellement rempli d’idées que je ne sais pas par où commencer. Il fait voyager, saliver, et il m’a même donné envie de faire du seitan, alors que je ne suis vraiment pas fane… Je conseillerais ce livre à toute personne qui s’intéresse, comme débutante ou cuisinière plus ou moins expérimentée, à la cuisine végétarienne ou végétalienne. En plus les photos (de l’auteure) sont vraiment magnifiques !

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La recette du jour est issue du premier ouvrage de cette liste dont je vais tout de suite parler un peu plus longuement.
Un livre consacré au chocolat cru. Et à la cuisine crue à base de cacao de manière générale. Le tout écrit par une spécialiste puisque Laurence Alemanno est docteure en physiologie végétale, spécialiste du cacaoyer ET qu’elle a une boutique de cacao cru. Ça en jette, non ?
On trouve dans ce livre des recettes de base pour fabriquer soi-même son chocolat, des recettes de chocolats plus particuliers (truffes au sésame noir et barres chocolatées au caramel salé par exemple), des recettes de gâteaux magnifiques, des recettes de boissons et aussi des recettes de crusine salée intégrants du cacao sous différentes formes (fève, beurre, grué, poudre,…). Le tout est vraiment bien expliqué et plutôt facile.
Je n’ai testé que quelques recettes pour l’instant, mais je peux déjà dire que le chocolat blanc maison est juste à tomber par terre (il y en a quelques éclats sur le rebord de la tasse de la photo ci-dessus !), que plusieurs smoothies m’ont hautement réjouie en guise de petits déj’ et que le pesto sauge – cacao a été une belle découverte.

Place donc à une recette qui sublime des spaghettis de courgettes, dans laquelle le goût du cacao et de l’ail contrebalancent celui de la sauge pour donner au tout un équilibre très agréable. Je n’ai pas utilisé le parmesan végétal qui va avec parce que je trouve que c’est parfait tel quel – cliquez ici si vous n’êtes pas du même avis.

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Pour 2 portions de spaghetti de courgettes au pesto sauge – cacao
Une recette (très légèrement modifiée) du livre de Laurence Alemanno, Chocolat cru, Paris : La Plage, 2014, pp. 40 – 41.
–       10 g de feuilles de sauge (= une grosse poignée)
–       ½ gousse d’ail
–       10 g de grué de cacao cru
–       10 g de pignons (= 1 cs bombée)
–       3 cs d’huile d’olive
–       40 ml d’eau
–       ½ cc de fleur de sel
–       2 petites courgettes

Rincer et sécher les brins de sauge. Prélever les feuilles.
Mettre tous les ingrédients sauf les courgettes dans un blender et mixer.
Laver et sécher les courgettes. Si vous avez un instrument qui fait des spag de légumes, c’est le moment de le sortir. Sinon, faites des tranches fines à l’économe dans le sens de la longueur puis coupez les finement au couteau, toujours dans le sens de la longueur, pour faire des spaghetti ou des tagliatelles.
Répartir les spag dans deux assiettes et le pesto par-dessus, servir sans attendre.

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La quête du faux mage, épisode III: le parmesan

Le faux mage, c’est un nom absurde que certain-e-s donnent au fromage végétal. Tous les billets qui traitent ce sujet sur ce blog doivent commencer pas une image de vrai faux mage, c’est la loi. Alors une petite image d’un faux mage déguisé en futur roi :

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Voilà.

Après on peut parler fromage végétal, et aujourd’hui, c’est le parmesan qui est à l’honneur. Les préparations qui suivent n’ont pas le même goût que le parmesan animal, ni la même odeur. Elles sont bien meilleures à mon avis. Et elles peuvent être adaptées à l’infini. Preuve par l’exemple : ci-dessous, une recette générale (inspiré par Clea), et une autre qui convient particulièrement bien pour des pâtes.
La base de ces recettes, c’est d’utiliser un mélange de graines et de noix, de les torréfier puis de les moudre. On mélange ensuite avec un peu de sel et éventuellement avec de la levure maltée ou d’autres épices et le tour est joué. On peut varier les graines et les noix pour changer le goût : amandes, pignons, noix de cajou et graines de tournesol sont plus neutres, les pistaches et le sésame sont particulièrement délicats en goût.
Le mélange ‘spécial pâtes’ contient aussi de la poudre d’ail et de la levure maltée. Au registre des noix et graines, elle contient des graines de chia, ce qui est à la base une erreur (je croyais avoir trouvé le pot de sésame noir…). Certes, ce n’est pas la découverte de la pénicilline, mais c’était quand même une erreur intéressante, puisque les graines de chia créent un mucilage au contact du liquide, et du coup on obtient un parmesan qui donne l’air de fondre sur un plat chaud. Une bonne surprise !
Ces mélanges sont délicieux sur des salades, sur des soupes… et c’est aussi très bon sur des tranches de pommes pour le goûter ! Et je vous promets une recette de pâtes pour demain.

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Parmesan végétal qui va avec tout (100 g environ)
Recette inspirée par les lasagnes de Clea, à la page 90 du livre Recevoir en bio
–       20 g d’amandes entières
–       40 g de pignons
–       20 g de sésame noir
–       20 g de pistaches
–       1 cc de fleur de sel

Torréfier les graines et les noix dans une poêle antiadhésive : mettre sur feu maximum deux minutes et mélanger régulièrement pendant les deux minutes, puis en laissant sur la plaque chaude quelques minutes de plus (les graines et les noix doivent dorer mais pas brûler).
Moudre dans un petit mixer à café.
Mettre dans un pot ou un bol et mélanger avec le sel.
Se conserve plusieurs semaines dans un bocal fermé à température ambiante.

Parmesan végétal spécial pâtes (100 g environ)
–       30 g amandes entières
–       30 g de graines de tournesol
–       20 g de sésame blond
–       20 g de graines de chia (ou de lin)
–       ½ cc de sel
–       1 cs de levure maltée
–       1 cs rase d’ail séché (facultatif si vous n’êtes pas ultra fan d’ail)

Procéder comme pour le premier parmesan : torréfier les graines et les noix dans une poêle antiadhésive : mettre sur feu maximum deux minutes et mélanger régulièrement pendant les deux minutes, puis en laissant sur la plaque chaude quelques minutes de plus (les graines et les noix doivent dorer mais pas brûler).
Moudre dans un petit mixer à café.
Mettre dans un pot ou un bol et mélanger avec le sel, la levure maltée et l’ail séché.

PS : le dessin, c’est toujours et encore du Trondheim dans Ralph Azham. 2. La mort au début du chemin (Paris : Dupuis, 2011).